Homélie du 26ème dimanche du temps ordinaire

Bien chers frères et sœurs,

Nous avons vécu, hier, la promulgation de notre paroisse nouvelle. Notre évêque a décortiqué la parole de Dieu pour nous, afin de motiver notre marche commune. Je reviens sur ces textes d’évangile riches d’enseignements pour partager avec vous ma méditation.

Je ne prendrai pas le ton du prophète Amos qui criait au scandale devant le luxe d’un petit nombre au mépris des pauvres d’Israël. Toutefois, je relirai avec vous la parabole du riche et du pauvre Lazare de l’évangile de ce jour.

Saint Luc nous donne un texte solennel qui parle de la vie sur cette terre et dans l’au-delà. Un tel enseignement était courant au temps de Jésus et avait cette force de toucher les cœurs et de susciter des conversions. Une image pour garder en mémoire la parabole de ce dimanche : un portail fermé, un homme bien habillé attendant des invités et juste derrière lui, un pauvre homme couché, entouré de chiens qui l’embêtent. C’est une prise de vue.

Dans cette parabole, Jésus présente deux personnages et donne le cadre de leur rencontre : Un festin. Cela rappelle le festin des noces de l’Agneau à la fin des temps. Jésus mentionne des chiens qui lèchent les plaies du pauvre en quête de nourriture, couché devant le portail du riche. Notons que le chien dans la culture juive est un animal impur. Dans ce sens, Jésus a traité de « petits chiens » une cananéenne, qui sollicitait une guérison pour sa fille. Il y a un lien entre la posture de Lazare et celle de cette femme dite cananéenne : l’Humilité.

Malgré son indigence, ce pauvre a un nom : Lazare. Et Lazare signifie « Dieu est mon aide. » Cette personne mourut sans doute à cause de ses ulcères de peau et de la faim. Pensez aujourd’hui à la douleur des personnes souffrant de la maladie de Charcot, à ceux qui meurent de faim.

Le riche, lui brille par son habillement, (lin et pourpre), ses diners de luxe. Dans le texte, il n’a pas de nom. Il ne présente aucune méchanceté. Il ne voyait que de haut. Il n’a pas vu le pauvre couché, qui espérait les miettes tombées de sa table, luttant avec des chiens. Il serait juste de dire qu’il n’a voulu ni voir ni entendre ce pauvre. C’est là toute sa faute.

Tout bascule pour les deux personnages quand vient la mort qui mit fin à leur vie terrestre. Le pauvre mourut le premier, sans doute épuisé par la faim et ses ulcères. Il fut emporté par des anges auprès d’Abraham. Nous sommes dans le monde divin avec Abraham, l’ancêtre des craignant-Dieu. Le riche meurt à son tour et il est simplement dit : « on l’enterra » : il se retrouve ainsi dans le « Hadès» ou séjour des morts. Pour le juif, c’est le lieu des ténèbres, des tourments sans fin. Nous passons à une inversion de situations.

Le riche, qui ne voyait pas Lazare devant sa porte, l’aperçoit de loin dans sa misère. Il reconnait Abraham comme étant son père. Il engage une supplique avec Abraham pour lui-même et pour ses frères. Lazare garde le silence et Abraham prend le relai. Le discours prend une allure de prédication. L’intervention d’Abraham, père des croyants est digne de foi et impose une conversion. Que nous dit cette parabole ?

Ne pas fermer les yeux à ce qui se vit autour de soi. Penser qu’au soir de la vie, il restera de chacun ce qu’il a su partager. L’éternité commence dès aujourd’hui dans ma capacité de tenir une vie de relation. Une paroisse nouvelle, des pasteurs et des responsables, des frères nous sont donnés. Ecoutons les, et n’ignorons personne dans notre marche commune. Que nous soyons comme Lazare ou comme l’homme riche de la parabole, ouvrons nos yeux et marchons la main dans la main dans l’amour, la foi, la persévérance, et la douceur vers la vie éternelle, comme le demandait saint Paul à Timothée. Amen.

Père Jean-Marie Ouedraogo

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