Homélie – 13ème dimanche du temps ordinaire

La parole de Jésus nous est toujours plus exigeante. Dimanche dernier, nous étions invités à ne pas baisser les bras face à l’adversité, et aujourd’hui c’est à nouveau l’heure des choix. A l’heure où nous entrons dans la période estivale et nous pensons plus au repos, ou bien aux rencontres familiales et amicales, Jésus nous met face à l’exigence de ne pas nous y cantonner. Mais, c’est une exigence pour nous faire grandir, nous apporter plus de joie pour vraiment comprendre l’accueil selon le cœur de Dieu. Accueillir Dieu en Jésus pour accueillir comme lui.

Accueillir Dieu
Jésus est dans la période missionnaire de sa vie. Il voit les foules sans berger. Il va à leur rencontre
et invite ses disciples à aller à leur rencontre. Sur ce chemin dont nous avons entendu la rudesse dimanche dernier et les obstacles évoqués par notre diacre Hubert, Jésus continue à se faire encore plus précis sur ce à quoi il faut nous attendre. Il ne peut y avoir mission sans choisir Jésus de manière plus radicale. La famille, ou nos lieux de formation qui nous ont façonnés, nous ont permis d’aller vers les autres. Mais, à un moment ou à l’autre, il nous faut consentir à ce que ce soit par Jésus qu’il nous faut aller vers les autres. Pourquoi ce choix parce que c’est Dieu qu’il nous faut accueillir dans nos vies, le mettre au centre et non à la périphérie à un moment qui nous semblerait lui convenir dans un coin… ? Il y aura des renoncements exprimés par la croix. « Qui perd sa vie à cause de moi la gardera ». Accueillir Dieu dans sa vie bouscule, ne laisse pas indemne. Il n’y a pas de renoncement sans accueil de relations nouvelles. L’un ne va pas sans l’autre.
Parmi nous, certains ont déjà vécu ce déracinement dans un choix de vie comme le baptême,
certains ont eu à quitter leur famille, ou au moins, vivre un chemin exigeant de réconciliation ; dans le
mariage où les époux quittent leur famille ; l’ordination, le choix d’une vie consacrée. Mais Paul nous le
dit, c’est nous tous qui de par notre baptême passons par ce mystère de mort et de résurrection. Nous
sommes de ce Peuple, de prêtres, de prophètes et de roi, dès notre baptême et notre confirmation. Il est
inscrit dans nos vies que les croix, de souffrance, de difficultés, personnelles, relationnelles, ne sont pas
des obstacles, mais c’est sur ce chemin même que Jésus nous invite à le suivre. Pour autant, ce message a
pu être dévoyé dans l’Eglise, en disant parfois renoncer à sa volonté propre. Aussi comprenons nous, que
c’est bien Jésus qu’il faut suivre et non pas telle ou telle personne ou idée. Car, un des bons chemins que
nous trace Jésus, c’est l’accueil des autres disciples.

Accueillir comme Dieu des disciples
Il nous faut là encore faire comme Jésus, Accueillir comme Dieu. Dieu en Jésus n’est pas resté dans sa
famille et ce sera toujours l’objet de questions avec sa famille : qui sont mes frères et sœurs ? Ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. Marie, la Mère de Jésus a été la première. Jésus lui-
même n’a pas voulu être seul, il n’a pas renoncé à toute relation fraternelle, amicale, au contraire, il a accueilli des disciples, il leur a fait confiance.
C’est un des chemins mystérieux de la foi, sur lequel il nous faut sans cesse avancer. Et le changement de
prêtres est en ce sens prophétique car il nous trace et retrace sans cesse le chemin. Le Père Jean-Marie
part, nous rendrons grâce pour son ministère le 2 septembre. Le Père Pascal part en maison de retraite au
bon Pasteur, le père Marc est présent de plus en plus occasionnellement. Nous allons accueillir d’autres
prêtres Louis Hervouet, Alain Michel Guissou. Jésus nous le dit qu’en les accueillant comme lui l’a déjà
fait, vous, nous l’accueillons Jésus et donc Celui qui l’a envoyé.
Mais c’est aussi l’accueil d’autres croyants. C’est aussi un des projets à promouvoir dans notre projet
pastoral paroissial que nous présenterons le dimanche 24 septembre : comment nous accueillons dans nos relations, nos vies, celles et ceux de nos frères de nos communautés que nous côtoyons sans vraiment les connaître ou au moins comprendre qu’ils sont les frères et sœurs que Dieu me donne d’accueillir avec l’Esprit de Jésus-Christ ? Renoncer à ne vivre que de quelques relations pour plus de relations, ou des relations que le Seigneur nous montre, vers lesquelles il nous envoie. En chaque rassemblement de nos églises, par exemple, allons vers celles et ceux que nous ne connaissons pas. Si à chaque messe, nous faisons ce pas, beaucoup de choses changeraient. Et ceci aussi dans nos relations de travail, de voisinage, d’école, d’association, de quartier, allons à la rencontre des hommes et des femmes de paix et de justice.

Tu as voulu, Seigneur, que par l’adoption filiale nous devenions enfants de lumière et donc frères et sœurs de ton Fils Jésus et donc frères et sœurs, accorde-nous de rayonner de la splendeur de ta vérité, Par Jésus Christ, ton Fils…

Michel Leroy, curé

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